syndrome du grand coquelicot

Se défaire du Syndrome
du Grand Coquelicot 

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15 mars 2021

Le syndrome du Grand Coquelicot désigne la peur que nous avons d’avoir la « tête coupée » quand nous sortons du lot ; nous préférons enfiler notre « cape d’invisibilité » pour ne pas faire de l’ombre aux autres, quitte à laisser nos talents en friche.

Couper les têtes qui dépassent

Le Syndrome du Grand Coquelicot est la traduction littérale de l’expression anglo-saxonne « Tall Poppy Syndrome », une métaphore qui signifie couper les têtes qui dépassent. Cette expression trouve son origine dans l’Antiquité. L’empereur romain Tarquin, à qui son fils avait demandé conseil pour asseoir son pouvoir, se serait rendu, en guise de réponse, avec un bâton dans son jardin et aurait coupé les têtes des plus grands coquelicots qui y poussaient. C’était, selon, lui la meilleure façon de s’assurer que tout le monde rentre dans le rang.

Cette manière d’utiliser le conformisme pour assurer le contrôle sur un groupe d’individus ou sur un peuple est comprise et utilisée depuis longtemps par les tyrans. En attaquant ouvertement les personnes puissantes ou célèbres, en les décrédibilisant ou en les emprisonnant – voire pire – les gouvernements dictatoriaux s’assurent que le peuple adopte un « profil bas ». La trop grande réussite sociale ou financière devient dangereuse et l’individu s’autocensure pour ne pas devenir une cible à son tour. C’est sans doute la version la plus noire du Syndrome du Grand Coquelicot, appelé également Syndrome d’exposition élevée.

Promotion de l’égalitarisme

Dans les pays nordiques, mais aussi en Nouvelle-Zélande ou en Australie par exemple, le conformisme est plutôt vu comme un comportement social qui permet l’égalitarisme. La modestie est une valeur phare qui doit être encouragée chez soi et chez les autres. Par conséquent, les expressions d’excellence ou de supériorité dans un domaine particulier sont socialement désapprouvées.

Parfois connue comme Loi de Jante (en danois : Janteloven) dans les pays nordiques, la prévalence du collectif sur l’individuel explique la nature fondamentalement égalitaire de ces pays. Cette Loi peut se résumer ainsi : « Ne pense pas que tu es quelqu’un de spécial ou que tu vaux mieux que les autres. ». Vouloir faire des choses hors du commun, se différencier du groupe, sortir du lot, être ambitieux pour soi, sont perçus comme indignes et inappropriés. L’accent doit être mis sur l’adhésion au collectif, aux dépens des individualités.

 

syndrome du grand coquelicot avion

 

Ne pas prendre la grosse tête

Promouvoir l’égalité ainsi qu’une saine humilité, remettre à leur place les personnes qui ont une haute opinion d’elles-mêmes et prennent « la grosse tête », c’est plutôt positif pour le vivre ensemble. En Australie, toute réalisation individuelle est également considérée comme une réussite collective : personne ne peut prétendre tirer toute la couverture à soi.

En revanche, quand nous sommes rabaissé·e·après un succès, attaqué e ou critiqué·e, ce n’est pas pour instaurer plus d’égalité et de mesure au sein d’un groupe ou d’une société. C’est parce que nos capacités renvoient notre entourage a ses propres limitations. Nos proches, pour ne pas se sentir dévalorisés, vont utiliser la honte, la culpabilité ou les critiques (subtiles ou directes) pour nous « remettre à notre place », celle qu’ils ne veulent surtout pas nous voir quitter.

Pourquoi la cape d’invisibilité est une mauvaise idée

L’expérience est si terrible qu’on la banalise, qu’on l’atténue, qu’on se tait et qu’on arrête de performer pour ne pas avoir à la revivre. Pour ne pas faire de l’ombre aux autres et ne pas avoir la « tête coupée », nous ne prenons pas toute notre place, notre juste place, celle qui nous revient. Nous avons peur de rayonner, d’être « Too much », et nous dépensons une énergie considérable à nous fondre dans la masse à enfiler notre « cape d’invisibilité ».

Ce faisant, nous ne nous rendons pas service et nous ne rendons pas service à la société car nous diluons l’excellence. Nous possédons toutes et tous des talents et des compétences uniques. Ils ne sont pas supérieurs à ceux des autres, mais nous en faisons le meilleur usage lorsque nous les utilisons profusément et en pleine conscience. Oser se montrer sous son vrai jour, faire preuve d’audace, sortir de notre zone de confort : voilà qui nous mène vers une vie plus pleine, plus intense, plus riche.

Comment se défaire du Syndrome du Grand Coquelicot

Si vous suivez des client·e·s en coaching, il y a de fortes chances que ces personnes aient souffert au moins une fois dans leur vie du Syndrome d’exposition élevée. Voici 3 façons de les aider concrètement :

1. Laisser tomber la culpabilité

Nous ne pouvons pas être tenus responsables des manques que ressentent les autres. Chacun d’entre nous a des forces, des compétences, des talents et des dons qui lui sont propres – et c’est à chacun de trouver les siens ! Si une personne n’a pas encore trouvé ses forces et ses talents, ce n’est pas de notre faute. Faisons la part des choses.

2. Arrêter de se préoccuper de ce que pensent les autres

Le souci constant de la façon dont nous sommes perçus aux yeux des autres fait partie de la nature humaine. Nous pouvons être conscients de ces angoisses lorsqu’elles se manifestent et les regarder simplement sans trop d’attachement. Nous pouvons alors accepter que nous avons de bonnes intentions : nous voulons simplement être aimés et appréciés. En se reconnectant à notre bonté naturelle, peu importe ce que les autres pensent de nous : nous savons que cette bonté est là.

3. Célébrer les succès des autres

Quand les autres réussissent, cela nous aide à nous améliorer et à sortir de notre zone de confort. A chaque fois qu’un record du monde est battu dans le domaine sportif, un·e autre athlète le dépasse peu de temps après. Lorsqu’on remarque les points forts et les réussites des autres, on participe au changement.

 

 

Le Syndrome du Grand Coquelicot, lorsqu’il est utilisé pour nous rabaisser, ne participe ni à notre propre croissance, ni à celle des autres. Apprendre à s’en défaire en comprenant que les autres expriment avant tout leurs peurs, refuser de se limiter par crainte de faire de l’ombre aux autres, montrer l’exemple en célébrant les réussites des autres, voilà des pistes propres à améliorer notre épanouissement dans le respect du vivre ensemble.

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Barbara Reibel

Coach Happiness, Auteure et Blogueuse
Fondatrice du site Happiness Factory et du blog En 1 mot

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EL HACHIMI

Bonjour!
Merci pour votre commentaire!
J’adhère complètement au syndrome du grand Coquelicot et je suis convaincue que la richesse du groupe passe par le développement des compétences et talents de l’individu, ainsi l’enrichissement du groupe participe, à son tour, fortement à celle de l’individu.
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