Interview avec Catherine Testa

Psycho. Coaching

30 avril 2020

[social_warfare]

Interview avec Catherine Testa
Fondatrice du site L’Optimisme www.loptimisme.com

Transcription de l’interview

Barbara :
Bienvenue dans Happiness Factory, préparez-vous au bonheur !
D’abord, un grand, grand, grand, merci d’avoir accepté cette interview.
Soyons Happiness Factory !

Je suis vraiment ravie et honorée de t’avoir avec moi aujourd’hui pour cette interview un peu différente, puisqu’elle se fait à distance, par visioconférence.
On a toutes les deux une passion commune : celle de voir le verre à moitié plein. Autrement dit, considérer que, quoi qu’il arrive, on peut toujours trouver du positif dans une situation.
Et que l’optimisme, ça se travaille — comme un muscle !

Alors moi, je t’ai découverte un peu par hasard — tu comprendras, hasard entre guillemets, bien sûr. Et j’ai eu vraiment envie de te rencontrer parce que tu es une femme pleine de dynamisme, de pêche, d’entrain, de positivité…

Je vais te présenter rapidement pour les internautes. Ça va être facile, même si ton parcours est impressionnant.

Tu es bientôt quarantenaire (mais pas encore, tu as encore quelques années, hein !)
Tu as lancé le site Le Prisme Positif en janvier 2016, le premier site français d’information 100% positive : des nouvelles optimistes, des parcours inspirants, etc.

Fin 2016, tu as mené une campagne de financement participatif — avec succès — qui a permis de récolter près de 70 000 € pour faire vivre le projet.
Mais comme ça ne suffisait pas, tu as créé Le Club des Entreprises Positives, qui regroupe déjà près de 200 entreprises engagées pour un impact positif.

En avril, tu as publié un livre chez Michel Lafon : « Osez l’optimisme » — devenu un best-seller !
Et en septembre, tu es devenue coach dans l’émission La France Bouge sur Europe 1.

Tu as même été reçue au Sénat en avril, tu as lancé le premier Club de l’Optimisme à Paris (qui regroupe déjà plusieurs milliers de personnes), et en janvier, tu as publié un deuxième livre (dont on va reparler, bien sûr) : « Osez être optimiste… même au travail ! »

En quatre ans, ta communauté a explosé : plusieurs millions de personnes, plus de 250 000 likes sur Facebook, 800 000 abonnés sur Instagram…
Tu as été élue parmi les personnalités les plus influentes sur LinkedIn en 2017 et 2019 — et la seule Française honorée trois années consécutives dans ce classement.

Franchement… c’est juste un hors-bord ce parcours ! Il force l’admiration — même une petite pointe de jalousie.
Et il montre que l’optimisme est devenu un vrai sujet de société, un sujet que les gens ont envie d’entendre et de vivre.

Mais tout ça, ce n’était pas gagné d’avance.
À la base, tu viens d’une formation scientifique. Tu n’étais pas du tout destinée à devenir entrepreneuse, encore moins dans le domaine du développement personnel.

Alors Catherine, qu’est-ce qui a provoqué le déclic ?


Catherine :
Déjà, je ne suis pas auto-entrepreneuse aujourd’hui — j’ai une entreprise avec des salariés !
Et je ne parle pas forcément de développement personnel, en fait. Comme tu l’as dit, je suis une scientifique à la base. Très tôt, je me suis intéressée au développement durable.

Mais en 2006-2007, quand je bossais à l’ADEME, tout le monde me disait : “Ma pauvre Catherine, le développement durable, tout le monde s’en fout.” C’était trop tôt.

Je me suis ensuite tournée vers le digital. J’ai compris son impact sur nos cerveaux, et à quel point il façonne notre rapport à la société.
Et là, je me suis dit qu’on vivait dans une société un peu étrange, où on nous pousse à consommer mais pas à réfléchir.
Moi-même, j’ai vécu à New York — j’étais un pur produit de la consommation.

J’ai fini par me dire qu’on était devenus schizophrènes : on nous dit de sauver la planète, mais on nous pousse à consommer sans arrêt.

Et c’est là que j’ai eu l’intuition qu’une révolution des consciences allait arriver.
Pour moi, cette révolution passerait par l’action de chacun, à son échelle.

Et j’ai cherché ce qui pouvait être le point commun entre toutes ces envies de mieux vivre. C’est là que je suis arrivée à l’optimisme.

Pas le bonheur béat, hein. L’optimisme actif. L’idée qu’en agissant, n’importe qui peut transformer une situation.
C’est cette énergie que je veux transmettre. J’ai beaucoup voyagé (Chine, Espagne, États-Unis, Portugal), et quand je suis rentrée en France, je me suis dit : “Je veux redonner ses lettres de noblesse à l’optimisme.”


Barbara :
Et toi qui viens d’un parcours scientifique, il n’y a pas de contradiction entre ton côté très rationnel, et cet intérêt pour des sujets plus « intangibles », comme l’optimisme, le développement personnel… ?


Catherine :
Non, justement, c’est tout l’intérêt.
J’ai étudié la physique quantique. J’ai une vraie formation en sciences dures. Et pourtant, la physique, c’est aussi l’imaginaire.

On peut penser de manière rationnelle tout en étant connecté à son vécu, son expérience.
Je crois beaucoup au rôle de notre environnement, nos rencontres, nos éducations.

Il n’y a aucune contradiction pour moi.
L’optimisme, c’est aussi une façon de construire une vision collective de l’avenir. Et on a besoin de cette vision.

Avant, les scientifiques étaient aussi des philosophes. Aujourd’hui, on cloisonne tout. Tu es soit ingénieur, soit philosophe, soit artiste, soit entrepreneur…

Mais en fait, tout est lié. Il faut remettre une vision systémique au cœur de notre société.
Et l’optimisme peut être ce ciment qui permet de relier les choses.


Barbara :
Et toi, qui es une hypersensible assumée, est-ce que cette caractéristique t’a aidée à sortir des sentiers battus ?


Catherine :
Oui, totalement.
J’ai toujours su que j’étais hypersensible, mais ça ne m’a jamais posé de problème. Je trouvais ça même “cool” — ça me permettait de vivre des choses très intensément.

Je suis aussi une grande introvertie, paradoxalement. Je donne des conférences, mais tu me mets dans une soirée… je reste dans mon coin.

Et pourtant, j’ai accepté cette différence. J’ai compris qu’elle pouvait devenir une force.
Ma pensée est en arborescence. Je vois les liens entre les choses. J’ai plein de projets en même temps — c’est à la fois une contrainte et une richesse.


Barbara :
Tu aurais des recettes à nous partager pour cultiver l’optimisme au quotidien ?


Catherine :
Oui, plusieurs !

  1. Accepter l’imperfection.
    On n’agit pas souvent parce qu’on veut tout faire parfaitement. Les réseaux sociaux nous renvoient une image parfaite du monde, et on se sent « trop petit ».
    Mais à partir du moment où on accepte notre imperfection, on avance.

  2. L’humilité face au temps.
    Ce n’est pas parce qu’on est « petit » aujourd’hui qu’on ne sera pas « grand » demain. Tout prend du temps.
    En France, on est dans une culture du CDI, de la réussite immédiate… mais la vraie réussite, c’est aussi d’essayer.

  3. Valoriser l’expérience.
    Quand j’ai lancé L’Optimisme, je ne me suis pas dit : « Je crée un média pour 1 million de personnes. » Je me suis dit : « Je vais voir si c’est possible. »
    Et rien que ce changement de formulation enlève la peur de l’échec.


Barbara :
C’est vrai qu’en France, on a une vraie peur de l’échec.
Aux États-Unis, on valorise le « fail fast », le rebond, la tentative…


Catherine :
Exactement. Là-bas, on sait qu’on peut perdre son emploi du jour au lendemain. Donc on apprend à rebondir.
Chez nous, on est formatés pour suivre un chemin tout tracé, et ceux qui s’en écartent sont jugés.

Mais demain, dans une société agile, ce qu’on va valoriser, c’est justement la capacité de rebond, de réinvention.

On nous a biberonnés à chercher la meilleure note, à avoir un parcours rectiligne.
Mais être créatif, avoir des talents atypiques, ce n’est pas “perdre son temps”. C’est créer, c’est vivre.


Barbara :
Justement, pour rebondir sur la manière dont tu prends soin de l’humain… On sent que tu t’appuies beaucoup sur ton équipe, qui semble vraiment compter pour toi. D’ailleurs, j’ai rigolé — il faut absolument que je te le partage : j’ai vu qu’une de tes collaboratrices s’appelle Rose. Si c’était un critère de recrutement, je ne sais pas… mais c’était trop mignon !

Catherine :
(Rires) Oui, mon équipe compte énormément. De toute façon, je ne serais rien sans elle. Comme tu dis, il y a le côté liberté… Et pour moi, ça a été très compliqué d’embaucher au départ.
On a monté ce projet pour garder de la liberté, et embaucher une équipe, avoir des salariés, un bureau… C’était revenir à une forme plus “classique”, plus structurée, presque un moule.
Mais je me suis vite rendu compte que, quand un projet grandit, mécaniquement, il faut plus de monde. Parce qu’au début, je faisais tout : coder un site web, faire les illustrations, envoyer les emails… mais à un moment, tu ne peux plus tout faire seul.

Barbara :
Et donc tu as embauché…

Catherine :
Oui, avec beaucoup de peur, parce que je me disais : “Je vais devoir créer une vraie boîte… Mais je suis pas faite pour ça !” Franchement, un business plan ? Très peu pour moi… Mais il a bien fallu y aller.
J’ai embauché d’abord Sarah, puis Alexia.
Mais tu sais, travailler chez nous, c’est très difficile. On est très ancrés dans la liberté. Moi, je suis incapable de donner des directives fixes. Du coup, il faut des gens ultra autonomes, ultra débrouillards. Et tout le monde ne survit pas dans notre environnement.

Barbara :
Tu veux dire que vous avez dû vous séparer de certaines personnes ?

Catherine :
Oui, malheureusement. Même des gens qu’on aime profondément, à qui on parle encore aujourd’hui, avec qui on reste très proches. Mais il faut un certain tempérament.
On reçoit énormément de messages de gens qui rêveraient de travailler avec nous, mais ce n’est pas une question de compétences, c’est une question de personnalité. Ce n’est pas quelque chose qu’on apprend dans les études. C’est une manière d’être.

Barbara :
Et ça peut être déstabilisant, surtout pour des personnes qui viennent de structures classiques…

Catherine :
Exactement. Chez nous, personne n’a bossé dans des grosses boîtes très normées. On a tous des parcours plus entrepreneuriaux, sociaux, et ça forge un autre rapport au travail.
C’est pour ça que j’ai une immense gratitude pour mon équipe, parce qu’ils s’en sortent avec une personne comme moi qui ne sait pas manager au sens classique.
Je suis un peu… folle, disons-le ! (rires)

Barbara :
Tu parlais d’imperfection tout à l’heure…

Catherine :
Oui, on connaît très bien nos limites. Moi, par exemple, le temps est une notion… relative. Si tu veux me contacter, c’est… relatif aussi !
Du coup, il faut s’entourer de gens capables de vivre ça, de contribuer à ce type de mouvement. Parce que chez nous, il n’y a pas de structuration figée, pas de process rigide.
Et puis tu vois, aujourd’hui on est en pleine période de coronavirus. Beaucoup de gens ont peur, mais pour nous… vivre dans l’inconnu, ça ne change pas grand-chose.

Barbara :
Vous êtes déjà équipés pour l’inconnu.

Catherine :
Exactement. On sait gérer l’incertitude, c’est notre quotidien.
Diriger une petite boîte en développement, c’est un peu comme marcher sur du sable. Donc que ce soit un peu plus ou un peu moins stable… on s’adapte.
Notre projet, c’est une expérience. Là, par exemple, on envisage de quitter Paris pour s’installer en Normandie. On veut montrer qu’on peut être petit, s’amuser, faire du bien aux gens… et réussir à trouver un peu de financement quand même, parce qu’il faut bien payer les salaires.

Barbara :
Et montrer que d’autres économies sont possibles ?

Catherine :
Oui. Des modèles alternatifs, des valeurs profondément ancrées, du respect des humains et de la planète. Créer des business différents, avec un impact social fort.
Est-ce qu’on y arrivera ? Peut-être pas à grande échelle, mais on aura expérimenté. Et ça, c’est déjà beaucoup.

Barbara :
Et du côté des citoyens, des entreprises, des collectivités… quelles qualités vont être essentielles demain ?

Catherine :
La transparence et l’authenticité.
Aujourd’hui, on vit une vraie crise de confiance. Avant, on faisait confiance à l’instituteur, au médecin, au maire… Maintenant ? C’est compliqué.
Avec le coronavirus, qui peut dire ce qui est vrai ? On ne sait plus qui croire : les politiques, les experts, les médias…
Alors il faut recréer cette confiance. Et ça passe par plus de simplicité, d’humilité, d’authenticité. Admettre qu’on ne sait pas tout. Revenir à une forme de vérité plus simple, plus humaine, avec ses imperfections.

Barbara :
Tu parles d’un retour à l’essentiel…

Catherine :
Exactement. La politique, au départ, c’était fait pour servir la collectivité, pas pour flatter des égos.
Aujourd’hui, on est dans une société de l’image, de la posture. On juge à l’apparence. Mais il faudrait remettre en avant ceux qui travaillent réellement pour le bien commun.
Ceux qui veulent juste faire du négoce, qu’ils aillent dans d’autres secteurs, ce n’est pas mal, mais ce n’est pas ici.

Barbara :
Et c’est en ayant fait un travail personnel qu’on peut vraiment se mettre au service de causes plus grandes ?

Catherine :
Oui. Regarde les grands patrons qui s’engagent vraiment. Tu as envie de leur dire “merci d’exister”. Ils n’ont pas renié les enjeux financiers, mais ils travaillent pour des causes collectives.
Le bonheur, ce n’est pas les placards remplis de trucs inutiles. Ce n’est pas la consommation. Il faut qu’on sorte de ça.

Barbara :
Tu nous as vraiment apporté beaucoup de clarté sur cette idée d’optimisme. Alors une dernière question avant de conclure…
En cultivant l’optimisme, en parlant de bonheur, de joie, de résilience… est-ce qu’on ne risque pas de tomber dans le happy washing ? Je crois que tu en fais mention, non ?

Catherine :
Oui, complètement. Le happy washing, c’est comme le greenwashing : tu communiques sur des valeurs que tu ne vis pas.
Tu dis que tu fais du développement durable mais tu n’agis pas. Ou tu dis que tu as une culture d’entreprise joyeuse, mais tes salariés sont malheureux.
Tu vois ces petites boîtes qui disent : “Chez nous, on boit une bière tous les vendredis !” — sauf que celui qui a un enfant en bas âge, il ne peut pas venir, et il est rejeté du groupe.
Il y a des entreprises qui utilisent le bonheur au travail comme un argument commercial. Mais ce n’est pas sincère.

Barbara :
Donc il y a vraiment une différence entre faire de l’optimisme authentique et le mettre en vitrine…

Catherine :
Oui. Moi, je suis entourée de gens incroyables. Le fait d’avoir dit que l’optimisme était une de mes valeurs m’a permis d’attirer ces personnes-là.
Des gens qui agissent, malgré leurs galères. Des gens vrais. Pas dans le déni, pas dans la posture.
Et puis, on vit tous des drames, des deuils, des ruptures… mais on peut vivre tout ça avec plus de joie. Et ça se travaille.
Plus tu cultives ton optimisme, plus tu attires les bonnes personnes. Et à un moment, il faut aussi faire le tri : arrêter de voir ceux qui te pompent l’énergie.

Barbara :
Oui, choisir avec qui on passe son temps, c’est aussi un acte de cohérence.

Catherine :
Exactement. Parce que si tu veux œuvrer pour le bien commun, tu ne peux pas te laisser plomber tous les jours par des gens toxiques.
Les entrepreneurs, les citoyens engagés… tout le monde te donne des conseils, mais à un moment donné, c’est à toi de faire les bons choix.

Barbara :
Alors pour résumer cette dernière partie :
Le happy washing, c’est une communication déconnectée de la réalité. Ce qui fait la différence, c’est l’authenticité. Et aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, les salariés sont eux-mêmes les porte-paroles de la réalité d’une entreprise.
On revient donc à ce que tu disais au début : pour que l’optimisme soit vrai, il faut l’incarner.

Catherine :
Exactement. Et il faut arrêter de communiquer sur des choses qui ne sont pas vécues. Ça se voit.
La symétrie des attentions est essentielle aujourd’hui.

Barbara :
Merci beaucoup Catherine. Je vais conclure en rappelant ce que j’ai retenu de notre échange.
Tu nous dis que l’optimisme est un muscle qui se travaille, et tu proposes 3 grands conseils :

  1. Accepter l’imperfection

  2. Cultiver l’humilité face au temps

  3. Valoriser l’expérience

Et puis un quatrième pilier : bien s’entourer.

Catherine :
Oui, complètement ! Bien vu. Et ce dernier point — s’entourer — c’est un travail permanent.

Barbara :
Merci infiniment Catherine pour cet échange ! À très bientôt.

 
 
 
 

 

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