Hâte-toi lentement

Psycho, Féminitude

18 septembre 2019

0 Partages

SlowUp ou la mobilité douce 

Ça faisait la 3ème année que je participais au slowUp en famille, cet événement qui favorise la mobilité douce et ferme toutes les routes à la circulation automobile pour les ouvrir aux vélos, rollers et trottinettes. C’est subversif de rouler sur la voie de gauche, enivrant de partir à l’assaut d’une grande ville en deux-roues sans regarder à droite ni à gauche. Mon enfant intérieur s’amuse toujours beaucoup !

Et pourtant l’adulte en moi était sans cesse occupée à calculer le temps qu’il restait pour finir la boucle de 21 km, le temps jusqu’à la prochaine animation Slow Up, puis jusqu’à la pause goûter. Le temps qu’il me faudrait pour écrire un billet en rentrant ce soir et à mon fils pour finir ses devoirs. Le temps dont j’allais avoir besoin pour préparer le dîner aussi – et d’ailleurs qu’est-ce qu’on mange ce soir ?

Les femmes : championnes du comptage

Ce comptage permanent, ces calculs du temps qu’il faut et de celui qu’il reste, sont une seconde nature chez moi. Mais en lisant, Aurélia Schneider, l’auteure de La charge mentale des femmes, j’ai compris que je n’étais pas la seule : apparemment les femmes sont les championnes du comptage !

Selon l’auteure, il y aurait un lien entre « le comptage implicite, hormonal, subtil et permanent dès la puberté jusqu’à la ménopause (même si après quarante ans de cycles, l’empreinte est là) et le comptage permanent du quotidien, explicite et visible. »

Autrement dit, le ballet hormonal d’une précision horlogère qui se met en place pendant notre vie fertile est une forme de comptage implicite qui se déroule à notre insu, dans le secret de nos structures cérébrales hypothalamo-hypophysaire.

Cette chronobiologie invisible permanente se transposerait ensuite dans notre fonctionnement mental et cognitif. Les femmes comptent donc, naturellement, beaucoup plus que les hommes.

Compter le temps, oui, mais pas tout le temps

Que comptons-nous donc en permanence? C’est bien simple, TOUT : les jours jusqu’aux prochaines règles, la durée des règles, le moment de l’ovulation pour tomber enceinte ou au contraire éviter une grossesse, mais aussi le temps de préparation des repas, celui des courses, les biberons à donner, le temps que met la machine à tourner, les stocks alimentaires, la date des épilations, etc.

Pour Aurélie Schneider, ce comptage explique en partie la charge mentale chez la femme, qui compte naturellement tout ce qui est en rapport avec la vie. C’est un phénomène qui n’est pas pathologique et peut même être considéré comme une ressource. A condition de ne pas la sur-utiliser !

C’est précisément à cela qu’invite le slowUp : se hâter lentement, être dans le moment présent, rouler en conscience, partir sans montre au poignet et sans smartphone dans la poche… c’est mon enfant intérieur qui va être content !

 

Photo by Blubel on Unsplash

Pour aller plus loin

slowup 2019 bâle basel dreiland

0 Partages

Barbara Reibel

Coach Feel Good, Blogueuse et Auteure

Fondatrice de The Happiness Factory

 

Commentaires

avatar
  S’abonner  
Notifier de
trackback

[…] qui m’amène au temps que l’on prend pour soi. Dans nos vies de dingues et notre course perpétuelle pour cocher les To Do’s listes, toute […]