Aucun sentiment ne dure :
ni la tristesse, ni la joie

Spiritualité

18 avril 2020

L’impermanence de nos sentiments est une bonne nouvelle en temps de tristesse, de perte ou de deuil. L’acceptation des mauvais moments ne garantit pas l’absence de douleurs mais nous apporte une perspective temporelle apaisante.

Les bienfaits de l’impermanence

Accepter que rien n’est durable nous mène au détachement. Il est possible d’accepter une situation difficile en sachant pertinemment qu’elle va changer.

L’acceptation n’est pas à confondre avec l’indifférence ; elle ne garantit pas non plus l’absence de douleur. Il y a des moments où la souffrance est intense, d’autres moins. C’est à cela que l’acceptation de l’impermanence nous convie : intégrer que les moments difficiles vont passer.

 

L’impermanence : l’un des piliers du bouddhisme

L’impermanence est l’un des piliers de l’enseignement bouddhiste. Selon Bouddha, l’attachement aux choses impermanentes s’avère être la cause de la souffrance, car ce qui est impermanent ne peut être satisfaisant.

Or, nous vivons dans la croyance erronée de la continuité et de la permanence.

Le bouddhisme nous invite donc à lutter contre la tentation de nous accrocher au passé ou de nous projeter dans l’avenir, mais de rester bien ancré dans l’instant présent, en appréciant pleinement ce qui est là. 

La parabole qui suit est empruntée à Deepak Chopra, dont j’ai suivi le programme de méditation en 21 jours. Elle résume bien la notion selon laquelle aucun sentiment n’est permanent : ni la tristesse, ni la joie.

 

La parabole « Cela passera aussi »

Un jour, un roi dit aux sages de sa cour : « J’ai acheté une bague avec l’un des plus beaux diamants au monde et je veux cacher sous la pierre un message qui puisse servir dans les moments de désespoir. Cela sera mon héritage. Je vous demande de penser à un message court qui puisse être caché sous le diamant. »

Tous ceux qui écoutaient étaient des sages. Ils réfléchirent longtemps mais en vain : s’ils pouvaient écrire des traités, ils n’étaient pas capables d’écrire un message court, ne contenant pas plus de deux ou trois mots, qui puisse être utile dans les moments difficiles.

Le roi se plaignit de l’échec de son entreprise auprès de son vieux et fidèle serviteur, qui l’avait élevé et faisait partie de la famille. Le vieil homme lui dit :

«Je ne suis ni sage, ni instruit, mais j’ai une idée du message qu’il vous faut. On me l’a transmis petit et il m’a beaucoup aidé durant ma vie au palais. Je vous demande de ne pas le lire maintenant. Gardez-le sous la pierre et ne l’ouvrez que si vous êtes dans une situation désespérée. » Le roi fit comme lui avait dit le vieux serviteur.

Des années plus tard, le royaume fut envahi. Le roi s’enfuit sur son cheval, poursuivi par ses ennemis.  Il était seul, les poursuivants étaient nombreux. Il chevaucha jusqu’au bout de la route et atteignit l’endroit où la route se terminait : il n’y avait plus d’issue. Devant lui, un abîme donnait sur une vallée profonde. La chute serait fatale. Il ne pouvait pas non plus revenir sur ses pas car les assaillaient étaient à ses trousses. Il était complètement désespéré.

C’est à ce moment qu’il se souvint de la bague. Il l’ouvrit, sortit le bout de papier et lut le message court mais précieux :
« Cela passera aussi ».

En lisant le message, le roi sentit un grand silence l’envelopper. Les ennemis qui le poursuivaient s’étaient perdus dans la forêt ou avaient pris une autre direction. En tout cas, il n’entendait plus les chevaux.

Le roi était rempli de gratitude envers son bon et fidèle serviteur : ces paroles étaient merveilleuses !
Il plia le bout de papier et le remit sous le diamant. Puis, il rassembla son armée et rentra au royaume.

De retour au palais, une grande fête fut organisée en son honneur, pour célébrer la victoire. Le roi se sentait heureux et fier. Le vieux serviteur, qui se tenait à ses côtés, lui dit : « C’est le moment de relire le message. »

Surpris, le roi lui répondit : « Mais nous venons de gagner la guerre ! Les gens célèbrent mon retour. Je ne suis pas désespéré, je ne suis pas dans une impasse ! »

Le serviteur répliqua : « Ce message fonctionne dans les moments où tout va mal, mais aussi dans les moments où tout va bien. »

Le roi déplia à nouveau le papier pour relire le message : « Cela passera aussi. »

Aussitôt, le roi sentit un silence s’abattre sur lui, bien qu’il fût au milieu d’une foule bruyante. Son orgueil avait disparu. Le roi avait compris le message. C’était devenu un sage.

Puis le vieil homme reprit : « Vous souvenez-vous de tout ce qui vous est arrivé ? Rien n’est permanent, aucune émotion ne dure, Comme la nuit change le jour, les moments de joie et de désespoir se succèdent les uns aux autres. Acceptez-les comme la nature des choses, comme faisant partie de la vie. »

 

Toute la sagesse de cette parabole est là : puisque rien ne dure, cultivons autant que possible le détachement. Et pour cela, rien de tel que de lâcher le contrôle sur notre travail, notre vie personnelle, nos émotions, les événements qui, justement, sont… hors de notre contrôle !

Barbara Reibel

Coach Happiness, Auteure et Blogueuse

Fondatrice de The Happiness Factory

 

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[…] recherche le bonheur à travers le désir et la joie, non le devoir et la volonté. Principe qui gagnerait à être appliqué aujourd’hui, par […]

Anne-France

Merci! <3

[…] idéal que nous vendent les gourous du bonheur n’existe pas pour une raison très pragmatique : la vie est mouvement et le mouvement nous […]

[…] 1) ne pas s’arrêter sur une pensée pour qu’elle ne se transforme pas en attachement, mais… […]