Devenir tutrice ou tuteur de résilience

Psycho, Coaching

27 avril 2020

Devenir tutrice ou tuteur de résilience, c’est être là pour les autres. C’est une posture qui aide nos proches à retrouver confiance en eux pour mieux rebondir et préparer plus sereinement la sortie de la crise.

Mais d’abord la résilience

La résilience est ce petit mot devenu à la mode depuis que Boris Cyrulnik s’en est emparé (et si tu lis ces lignes, mon cher Boris, sache que je t’❤). Pour faire simple, c’est la capacité d’une personne à se reconstruire après un événement traumatique ou à surmonter un changement radical de son environnement.

Pendant le confinement, la résilience consiste à investir différemment notre vie ou à s’engager dans de nouveaux projets. Si tu pratiques le télétravail (free-lance et métiers du numérique en général), ton rythme quotidien n’a pas changé drastiquement, si ce n’est la restriction de sorties et les enfants à la maison, quand il y en a.

C’est mon cas, et après le pédalage des premiers temps (voir la Courbe du deuil spéciale coronavirus inspirée des travaux de E. Kübler-Ross), une nouvelle routine s’est installée. J’ai dû accepter d’en faire moins (les demandes ne pleuvent pas en ce moment !) et d’être moins productive parce que je suis souvent dérangée par mon entourage. En contrepartie, je médite beaucoup plus régulièrement et je bouge davantage, je passe plus de temps aussi à jouer ou à partager la cuisine avec mes enfants. J’ai réinvesti mon corps et ralenti mon rythme de vie, c’est l’un des bienfaits du confinement !

Dans certains métiers, l’inactivité forcée peut être source de stress et d’inquiétude par rapport aux retombées économiques. C’est ton cas si tu travailles dans un commerce non alimentaire ou une société de services, restaurant, hôtel, société liée au tourisme ou à l’événementiel, salon de coiffure et d’esthétique, compagnie de transports et de taxis, etc. La résilience dans ce cas consiste d’abord à lâcher prise sur la situation et à arrêter les ruminations.

Si le problème a une solution il ne sert à rien de s’inquiéter, mais s’il n’y a pas de solution, s’inquiéter ne changera rien.

Bouddha

Résilience et confinement

Dans l’espace de conscience ainsi libéré, deux solutions s’offrent à toi :

  1. t’investir dans un nouveau projet professionnel ou adapter tes pratiques au télétravail – comme l’ont fait les enseignants par exemple
  2. profiter du confinement comme d’un repos forcé et faire ce que tu ne trouves pas nécessairement le temps de faire d’ordinaire : lire, faire du sport, suivre une formation en ligne, trier ses photos, …

Tu peux aussi lire mes 5 conseils d’auto-coaching pour avancer le cœur léger, qui te donneront des pistes pour renouer avec la joie.

Le plus important, quelle que soit ta situation personnelle, c’est de réinvestir ta vie, d’en reprendre le contrôle, pour ne pas tomber dans la victimisation.

Les tuteurs de résilience

Si tu lis cet article, c’est parce que tu es profondément impliqué·e dans ce qui se passe en toi et autour de toi. Peut-être es-tu une « tutrice ou un tuteur de résilience » sans le savoir ?

Ce terme forgé by Boris Cyrulnik (❤ forever) désigne les personnes qui rendent possible la reprise d’un développement psychologique après un traumatisme. Ce sont des thérapeutes, coachs, aidants, soignants mais aussi des enseignants, des parents, … des personnes comme toi, qui manifestent de l’empathie et de l’affection vis à vis d’autrui.

Les tutrices ou tuteurs de résilience disposent de certaines compétences qu’elles mettent spontanément en œuvre pour venir en aide à leur entourage. Le plus étonnant c’est qu’elles n’en sont généralement pas conscientes, à la différence d’un professionnel : coach, médiateur ou mentor, par exemple.

Les 5 compétences clés d’une tutrice (ou d’un tuteur) de résilience sont les suivantes :

  1. Elle s’intéresse prioritairement aux côtés positifs de la personne
  2. Elle ne se décourage pas face aux échecs apparents
  3. Elle respecte le parcours de résilience d’autrui
  4. Elle aide autrui à retrouver estime et confiance en soi
  5. Elle évite les gentilles phrases qui font mal

Vidéo du Quart d’Heure Antidépresseur* sur les tuteurs de résilience

 

La tutrice ou le tuteur de résilience est « là pour quelqu’un »

Dans le cadre particulier du confinement, ces personnes tutrices de résilience resserrent les liens avec leurs proches par téléphone, visioconférence ou divers messages. En écoutant les autres, en partageant leur vécu, elles manifestent une présence bienveillante qui permet à qui en a besoin de déposer son fardeau psychologique.

En considérant les moments difficiles comme des étapes plutôt que comme des échecs, elles permettent à l’autre d’accepter ce qui est, tout en gardant espoir. Elles reconnaissent que chaque parcours est unique et ne forcent aucune solution. Leur soutien permet aux proches de garder confiance en en eux malgré l’adversité. Elles évitent les petites phrases qui font mal parce qu’elles ne sont ni authentiques, ni crédibles, comme par exemple « Je me mets à ta place ».

Devenir tutrice ou tuteur de résilience, c’est pratiquer nos compétences en conscience pour aider nos proches à rebondir après le coronavirus, à retrouver leurs marques et à reprendre confiance en eux après la crise sanitaire et économique.

C’est une posture indispensable pour les aider à préparer plu sereinement l’après-confinement.

Donner un sens à une épreuve tragique c’est mettre dans son âme une étoile du berger qui indique la direction.

Boris Cyrulnik

Barbara Reibel

Coach Happiness, Auteure et Blogueuse

Fondatrice de The Happiness Factory

 

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Christine

Un post passionnant ac compagne d’une dose d’optimisme super utile actuellement !
… et toujours avec la petite touche d’humour qui fait doublement du bien, je kiffe!