Pourquoi la procrastination<br />
nous fait du bien (carré)

Pourquoi la procrastination nous fait du bien

psycho, coaching

25 MARS 2024

La Journée Mondiale de la Procrastination nous rappelle l’importance de ne pas remettre au lendemain les tâches qui doivent être accomplies. Et si procrastiner nous faisait aussi du bien ? 

Sept Français sur dix reconnaissent qu’ils procrastinent de temps en temps. La procrastination touche tout le monde à un moment ou à un autre. Par exemple, j’ai retardé l’écriture de cet article alors que je savais que je voulais le publier le 25 mars, Journée Mondiale de la Procrastination. Au lieu de cela, j’ai surfé sur les réseaux sociaux à la recherche des dernières trends et j’ai fait une partie de scrabble en ligne contre l’IA. Pfff.

Qu’est-ce que la procrastination ?

 

Ce terme savant cache un biais cognitif de notre cerveau qui nous fait remettre à plus tard ce que l’on peut faire tout de suite, même si cela nous nuit. Ce comportement est irrationnel dans le sens où nous le pratiquons tout en sachant qu’il peut avoir des conséquences négatives. Celles-ci peuvent aller de pénalités ou d’amendes pour une facture en retard à une mauvaise note voire à un échec dans le contexte scolaire ou universitaire. Je sais que si je retarde le paiement de mon amende je vais devoir régler des pénalités de retard. Si j’attends trop longtemps pour apprendre et réviser mes leçons, je vais devoir m’y mettre dans un délai beaucoup plus court et ça va me stresser.

 

Étant donné que la procrastination est source de stress et d’anxiété, pourquoi y sommes-nous enclin(e)s ? Comme le montrent les recherches, la procrastination est liée à un certain nombre de biais cognitifs.

Le biais du présent

 

Le biais du présent est la tendance, lorsqu’on envisage un compromis entre deux moments futurs, à accorder plus d’importance à celui qui se produit le plus tôt et à négliger les conséquences futures d’une action. C’est le cas lorsque je cède à la tentation et mange du chocolat alors que je sais qu’il faut que je réduise ma consommation de sucre. Ma volonté ne résiste pas à ce biais inhérent qui me fait privilégier le plaisir immédiat.

 

Psychologiquement, nous percevons l’impact d’un événement – ou la valeur d’une récompense – comme atténué s’il est éloigné dans le temps. Nous considérons qu’un résultat souhaité dans le futur a moins de valeur qu’un résultat souhaité dans le présent. Lorsque nous procrastinons, nous choisissons une activité positive dans le présent (comme regarder des vidéos de chats) plutôt qu’une conséquence positive ultérieure, comme la satisfaction d’avoir terminé une tâche ou d’avoir obtenu une bonne note pour un devoir.

 

Dans une étude, lorsque des personnes se sont vu proposer deux choix – 20 dollars maintenant (moins d’argent, plus tôt) ou 50 dollars dans un an (plus d’argent, plus tard)- une majorité significative a choisi les 20 dollars qui leur étaient proposés immédiatement.

 

Nous sommes câblé・e・s pour choisir un gain moins important aujourd’hui qu’un gain plus important demain. Cela dit, nous n’avons pas tous la même capacité à lutter contre cette tendance : certaines personnes sont plus enclines à privilégier l’avenir ou le passé

Le biais du statu quo

 

Notre cerveau est paresseux et nous voulons éviter la charge cognitive autant que possible. Nous sommes donc câblé・e・s pour éviter les tâches qui nous obligent à changer d’état d’esprit ou qui entraînent une charge cognitive – nous préférons rester dans l’état d’esprit détendu qui est le nôtre à l’instant T plutôt que de nous engager dans quelque chose de nouveau et de fatiguant.

 

Ce biais du statu quo nous rend essentiellement réfractaires au changement, car nous craignons de regretter nos choix, alors que ne rien faire est également un « choix ». C’est pourquoi, en cas de doute, notre aversion à la perte nous incite à ne rien faire. En effet, sur le plan psychologique, les pertes sont presque deux fois plus néfastes que les gains sont bénéfiques. En d’autres termes, la plupart des gens ressentent deux fois plus de douleur psychologique en perdant 100 dollars qu’en gagnant 100 dollars. Ce biais explique notre réticence à prendre des risques en abandonnant ce que nous possédons en faveur de quelque chose qui « pourrait » nous être plus profitable à l’avenir.

 

Les bénéfices de la procrastination

 

Et pourtant, retarder une tâche peut aussi s’avérer utile. En se donnant plus de temps pour réfléchir, nous pouvons rassembler et traiter plus d’informations pertinentes avant de prendre une décision. Parfois, une tâche finit par être annulée : procrastiner nous a alors permis de préserver nos ressources.

 

L’un des principaux bénéfices de la procrastination est de nous aider à travailler plus efficacement, parce qu’elle nous oblige à accomplir des tâches sous une forte pression temporelle. La tâche qui était ennuyeuse devient excitante en raison du « facteur adrénaline ».

 

La procrastination peut-aussi être une façon d’exercer notre autonomie et notre contrôle. Dans une société qui va vite et dans laquelle le temps nous échappe, remettre au lendemain est une manière d’exercer une forme de contrôle sur notre emploi du temps. Par exemple, cela peut nous permettre de nous rebeller contre des horaires qui nous ont été imposés par d’autres.

 

Plaidoyer en faveur de la procrastination

 

La procrastination - pourquoi faire aujourd’hui ce que l’om pourrait remettre à demain

 

Le philosophe américain John Perry a écrit un véritable plaidoyer en faveur de la procrastination avec son livre La procrastination – pourquoi faire aujourd’hui ce que l’on pourrait remettre à demain ? (éd. Autrement 2018). Il s’agit d’une exploration humoristique et perspicace de la procrastination et de la manière dont elle peut être transformée en outil productif. John Perry affirme que les procrastinateurs ne sont pas paresseux, mais qu’ils sont au contraire capables de hiérarchiser les tâches en fonction de leur urgence et de leur importance. Selon lui, le procrastinateur est extraordinairement actif car en évitant une tâche désagréable il compense par d’autres activités.

 

Voici 3 méthodes proposées par John Perry pour utiliser la procrastination à son avantage :

 

  1. Utiliser la procrastination structurée

Elle consiste à utiliser sa tendance à la procrastination pour accomplir des tâches moins importantes tout en évitant les tâches plus intimidantes. En travaillant sur des tâches légèrement moins urgentes ou critiques, on peut se sentir productive ou productif tout en évitant les tâches les plus urgentes. Cette technique exploite notre tendance naturelle à la procrastination tout en améliorant notre productivité globale.
L’auteur concède que la procrastination structurée est une forme de déni. Mais il en va de même pour la plupart des astuces de productivité. Au moins, celle-ci ne consiste pas à essayer d’éradiquer un trait de personnalité bien ancré, mais plutôt à le canaliser judicieusement.

 

  1. Se fixer des objectifs réalistesL’auteur insiste sur l’importance de se fixer des objectifs réalistes pour vaincre la procrastination. En décomposant les tâches importantes en étapes plus petites et plus faciles à gérer, on peut progresser pas à pas, ce qui atténue le sentiment d’être submergé・e et diminue la tentation de procrastiner. La définition d’objectifs spécifiques et réalistes permet de clarifier et d’orienter les choses, ce qui facilite la concentration et la motivation.

 

  1. Noter sur sa « To Do Liste » ce que l’on fait déjàIl s’agit d’ajouter à sa « To Do Liste » des choses que nous faisons déjà, pour avoir le plaisir de les rayer de notre liste. Ainsi notre liste pourrait commencer chaque jour par :   Éteindre l’alarme 2. Ne pas appuyer sur le bouton « snooze ». 3. Sortir du lit. 4. Aller aux toilettes. 5. Ne pas se recoucher – cinq réalisations avant d’avoir bu notre premier café de la journée !
    Au-delà de son aspect humoristique, cette consigne permet de réaliser que l’on fait déjà beaucoup de choses chaque jour. Ces petits gestes a priori banals nous indiquent que nous ne procrastinons pas dans tous les domaines de notre vie. Ils peuvent aussi nous aider à construire notre estime de nous-mêmes.

 

  1. Attendre que certaines tâches disparaissent d’elles-mêmesLe fait de retarder certaines tâches les rend parfois inutiles. Bien sûr, il faut éviter d’être manipulateur en forçant les autres à accomplir nos tâches en désespoir de cause. Mais dans toute organisation de taille importante, il y a souvent plusieurs personnes capables d’accomplir une tâche donnée. Pourquoi devrait-on être pénalisé・e pour avoir été serviable ?

 

  1. Assumer sa rébellionProcrastiner permet aussi d’affirmer son autonomie, se prouver que l’on reste le maître ou la maîtresse de son destin. Les conseils actuels contre la procrastination sont une manière subtile d’induire la conformité, de nous faire faire ce que nous « devrions » faire (d’après la société, notre entourage, les autres, …). La procrastination structurée respecte l’existence de l’envie et nous autorise à ne pas faire. Car n’oublions pas que ce n’est pas parce qu’une chose s’est retrouvée sur notre liste de choses à faire qu’elle doit nécessairement être faite.

La procrastination est une expérience universelle, indépendamment des différences culturelles. Ce n’est pas un signe de paresse, comme on le pense à tort, mais l’expression du doute, de l’incertitude, de la peur de mal faire.

Quand la pression du monde est trop lourde et que l’on a trop de chose sur les épaules, on peut avoir la tentation de remettre au lendemain. Dans ce cas, on ne remet pas ce qu’il y a de plus précieux pour soi, ce qui nous anime et qui nous rend vivant.

Sophie Braun

psychanalyste

 

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https://theconversation.com/procrastination-the-cognitive-biases-that-enable-it-and-why-its-sometimes-useful-195845

https://solvingprocrastination.com/

Vidéo TEDx « Inside the Mind of a Master Procrastinator » de Tim Urban

https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2012/sep/07/change-your-life-procrastination-burkeman

https://www.tf1info.fr/societe/video-bonjour-la-matinale-tf1-non-procrastination-pas-toujours-un-vilain-defaut-benjamin-muller-2289244.html

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Ce qu’en disent mes lectrices et mes lecteurs
(Extraits)

 

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Barbara Reibel

Coach Happiness, Auteure et Blogueuse
Fondatrice du site Happiness Factory et du blog En 1 mot

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